JACQUELINE : la mamie du groupe, elle a toujours fait du théâtre, connaît tout sur tout (et sur toutes), est pointilleuse sur la politesse, sur le respect. Elle veut tout prendre en charge et rêve de chouchouter chacun…ce qui ne l’empêche pas d’envoyer des piques à tous propos.
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Je suis pas idiote, j’ai bien fini par comprendre que je n’étais pas une femme d‘intérieur. Mon mari me répétait toujours : ce que tu réussis le mieux c’est l’ouverture des conserves. Pourtant j’étais remplie de bonne volonté, je m’appliquais, je remettais plusieurs fois sur le métier comme on dit, je respectais les proportions, je suivais scrupuleusement les recettes, ce n’est pas moi qui aurais ajouté ma touche personnelle ni même remplacé les ceps par des girolles… Mais non ! Ca ne prenait pas. La récompense des efforts ménagers c’est de lire un sourire sur les lèvres des convives, hé bien ça je ne l’ai recueilli que le jour où j’ai tout commandé chez le traiteur. Depuis, je ne me casse plus la tête. Je passe commande. Même mon chat préfère la pâtée en boîte. Je ne dois pas être douée.
Pareil pour le ménage. Je ne sais pas vous mais moi, quand j’ai fini de passer l’aspirateur, il reste toujours des moutons derrière les portes. Pourtant je m’applique, j’aime ça et j’ai du temps de libre. Mais je dois avoir un effet antistatique. Je repousse la poussière. Et dès que je m’éloigne, elle revient. Du coup j’ai pris une femme de ménage. Ce qui ne m’empêche pas de repasser derrière elle, pour voir. Même s’il n’y a rien, je repasse. Hé bien, ça confirme, quand j’ai fini de repasser, je retrouve de la poussière. Je dois en redéposer. Je suis faite pour ne rien faire. Mais c’est un vice chez moi.
JUDITH : physique masculin, cheveux courts ou tirés, corps mince, pantalon (d’ailleurs, comme en atteste l’extrait, elle aime les femmes…). Elle n’est pas caricaturale mais parle avec fermeté, comme quelqu’un habitué à l’autorité. Elle est en même temps très patiente et très à l’écoute des autres.
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(à propos de la pièce « Huit femmes »).
Je ne sais pas pourquoi je m’énerve comme ça. En fait, cette pièce, je m’en moque. Je connais pire et je n’ai pas grand chose à lui reprocher. Ce que je ne supporte pas c’est qu’on m’en parle, qu’elle revienne sans cesse dans les conversations en début d’année. C’est devenu l’archétype de la pièce pour femmes. La référence aussi incontournable que les rillettes au Mans ou les vaches sacrées en Inde. C’est ça qui me crispe. Les filles attendent toujours de moi le truc inédit, bourré de rebondissements, avec la distribution idéale et des rôles en or pour chacune. Et si je ne le déniche pas, que je leur demande un peu de curiosité, de recherche, si je leur dis de se bouger et d’aller fouiner dans les bibliothèques, elles sombrent dans la facilité et me ramène « Huit femmes ».
Toujours ces huit foutues bonne femmes à la noix !… Oh je les maudis ! De plus ça fait apparaître tout un pan de ma personnalité que je cherche à dissimuler…Là je me trouve bête. Je viens de piquer ma crise devant cette pauvre Emilie qui arrive ici pour la première fois, elle va me prendre pour un dragon, pour une boule de nerfs alors que je suis tout le contraire. Elle est jolie, Emilie. Elle ne semble pas avoir inventé la soupe mais elle a un très joli visage.
Et un très joli corps. Il va falloir que je rattrape le coup. Que j’invente une explication plausible… un truc un peu…
PASCALE : la joviale. Elle peut être très corpulente, mal fagotée, sans soin et malpropre mais pas par nature. C’est une femme au foyer, qui a six enfants dont trois petits. Elle fait du théâtre pour sortir de chez elle une fois par semaine et vivre quelque chose avec des copines. C’est une rigolote, généreuse, nature, serviable.
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Torcher les mômes, je dis pas que j’aime pas ça mais, au sixième, ça lasse. A 32 ans j’ai l’impression d’avoir eu plus souvent les mains dans le caca que sur le zigouigoui de mon mari. Et pourtant c’est lui le responsable. C’est lui qui les a fabriqués. Mais jamais il changerait une couche-culotte. C’est pas qu’il est fainéant, mon Nono, mais il est délicat. Ca le barbouille. Une fois il a voulu me faire plaisir pour la fête des mères, il m’a dit je m’occupe de tout, toi tu te reposes. Ah, je m’en souviens ! Il trouvait rien. C’est où les biberons? C’est où le lait en poudre ? Et l’eau du bain, elle est pas trop chaude ? Mets ton coude, Pascale, moi je sais pas. Et la couche, là, c’est pour qui ? Le petit, le moyen, la grande ? Pomme-carottes c’est mieux ou c’est moins bien que jambon-épinards? Il sortait les trucs, ne rangeait rien, y’en avait partout dans la maison.
Et moi je courais comme une folle pour lui apporter les bons produits et les bons médicaments. Surtout tu ne fais rien, Pascale, c’est ta fête, tu te reposes. Et ce midi, c’est moi qui fais le repas. Bon dieu, le repas ! Deux casseroles complètement foutues. Pour des pâtes. Il les avait mises à cuire 25 minutes, dans trois centilitres d’eau. 25 minutes ! Des spaghettis express. On aurait dit une sculpture en plastique signée Dali. Bouge pas Pascale ! Il m’a cassé cinq assiettes en voulant retirer celles du bas de la pile qu’il trouvait jolies. Et les mômes qui braillaient, pas habitués à lui. Mathieu, le pauvre, complètement détraqué, il s’est mis à avoir de la diarrhée… mais une diarrhée ! Toute verte.
Les épinards. Je m’en occupe Pascale ! Ah ben oui ! Voilà mon Nono qui enlève la couche et qui se fout de la diarrhée partout. Il en avait même dans les cheveux. Je l’ai vu devenir aussi vert que le caca de Mathieu, il a levé les yeux au plafond en battant l’air comme pour s’envoler, la sueur lui est venue au front, et je me suis retrouvé avec deux hommes sur les bras, l’un qui jouait les mouches folles sur le carrelage, l’autre qui pédalait dans sa purée sur la table à langer. Bravo la fête des mères !
EMILIE : la futile, la superficielle, très préoccupée de son physique, de sa tenue, elle ne sait rien ou croit savoir et se trompe. Elle ne connaît pas grand chose au théâtre mais veut être sur une scène pour qu’on la voie. Elle est gentille, timide, influençable. Mais volontaire et déterminée.
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(éclatant)
Merci ! Merci bien ! On se sent vraiment accueillie. Ca fait dix fois que vous me rabrouez. Ah elle est belle la solidarité entre femmes. Vous croyez que vous formez un groupe ? Vous n’êtes qu’une bande d’égoïstes, oui, vous ne voyez que votre bout de nombril, que vos petits privilèges, que vos petites intelligences. Parce que vous vous croyez supérieures mais vous n’êtes que des nulles, permettez-moi de vous le dire. Moi je viens là, comme une conne…
Vous croyez que c’est facile d’arriver dans un groupe déjà constitué ? Vous croyez que ça fout pas la trouille de dire « coucou, je connais personne, je connais rien à rien mais j’ai envie de faire du théâtre avec vous » ? Vous croyez qu’on n’a pas envie de prendre ses jambes à son cou ? Et qu’est-ce qu’on trouve? Une bande de chiennes !… Waf, waf ! Elle dit pas bonjour celle-là, elle est pas polie ! Chacune son tour pour dire un mot et les nouvelles, à la queue !
Et puis qu’est-ce qu’il est bien foutu le beau gosse de la plage, waf, waf, qu’estce que je lui toucherais bien la bite ! Et moi je vais au Maroc, et je vais au Sri Lanka, et je connais le Yémen comme ma poche, et les enfants j’adore ça avec les couches-culottes qu’est-ce que c’est bien, waf-waf, mais qu’est-ce qu’on rigole entre nous parce que qu’est-ce qu’on est intelligentes… Vous êtes des connes, oui ! Des connes ! Et moi aussi d’avoir cru que je pourrais devenir votre copine !
SIMONE : la seconde mamie du groupe mais veut paraître plus jeune que Jacqueline. S’habille jeune, se maquille, est exubérante, provocante, dit des grossièretés, bref c’est la honte du groupe. Sauf que sur scène elle déborde de naturel et possède le sens du comique.
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Elles ont raison mais je ne peux tout de même pas l’admettre devant elles.
J’aurais l’air de quoi ?… Ma réputation .. Pourtant c’est vrai que je deviens tarte. « Miroir, mon beau miroir »… y’a belle lurette que j’évite de croiser son regard. C’est moche de vieillir. Chez les autres je trouve ça beau, c’est vrai, il y a de beaux vieux tout sculptés par l’âge et les chienneries de la vie, ça leur donne du caractère. Mais chez moi je supporte pas. Je vois le cadavre qui pousse sous la chair. J’ai été trop belle, c’est ça le problème. Miss Trouville 54, c’était pas rien. Et 90-55-85 pas de la mensuration de pétasse. Si j’avais eu la vertu plus épaisse que la taille, je serais peut-être devenue mannequin ou speakerine ou starlette ou chanteuse. J’avais une de ces voix ! La vache, quand j’y pense... Seulement j’ai plus souvent chanté au lit que sur une scène…
Qu’est-ce que je vais devenir si je commence déjà à tourner vieux croûton ? Ma mère a fini folledingue à St Anne. Elle coupait le cul des poussins avec des ciseaux pour les empêcher d’avoir un zizi. Le zizi est le malheur de la femme, elle disait. C’est une excroissance, une verrue, un truc qui gâte l’humain qui en a un, faut couper tous les zizis de la terre ! Et surtout ne pas les enterrer, des fois qu’ils repousseraient !… La pauvre. Elle n’a jamais connu que celui de mon père mais faut croire qu’il s’en servait pas très bien.
JOSETTE : la dépressive, toujours entre deux séjours en clinique, elle boit et prend des médicaments ce qui donne parfois des effets fâcheux. Elle a du mal à comprendre ce qui se dit et fait souvent répéter. On a le sentiment qu’elle flotte au-dessus des choses. Elle a vécu un temps sur les trottoirs ... elle a vécu un temps DU trottoir !
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(parlant d’elle-même, de son passé)
Elle aurait bien voulu répondre à cette femme en uniforme qui lui parlait gentiment, avec douceur et humanité, mais sa bouche avait avalé trop d’immondices, les mots restaient enfouis, comme enterrés dans sa gorge, les muscles de son cou lui faisaient trop mal et ses mâchoires craquaient jusque dans sa tête. Même ses yeux étaient incapables de regarder autre chose que ce caniveau où elle avait vomi son dégoût quelque temps auparavant. Une femme lui tendait un mouchoir et elle songeait à cette image du catéchisme où Simon de Cyrène partage son manteau. Elle avait tant souffert des hommes, elle aussi, tant reçu de coups, tant pleuré sans comprendre, qu’elle n’aspirait plus qu’à une chose, mourir. S’arracher de la terre comme une mauvaise herbe. Cesser d’être cause du malheur des hommes qu’elle avait mal aimés. Oui, c’était sa faute. Si on la battait c’est qu’elle était responsable. On le lui répétait sans cesse à coups de poings. Sa vie n’était qu’une trop longue exaspération. Elle devait disparaître. Faire le don de soi. Payer la facture. S’effacer. Racheter. Alors seulement renaîtrait le calme et la paix dans la poitrine de ceux qu’elle faisait souffrir.
ANNIE : la fofolle, toujours pleine d’énergie physique. Il faut qu’elle se défoule. S’habille souvent en training. Quand elle parle, elle ne finit jamais ses phrases, a du mal à expliquer ce qu’elle veut dire, s’embrouille, remplace les mots qui ne viennent pas par des onomatopées. Du coup elle s’énerve et va se défouler en faisant des pompes, de la corde à sauter ou de la boxe contre son ombre.
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Je ne suis pas très cohérente, pas très cohérente… la faute à qui ? Vous avez fait des hautes études, vous. Vous l’avez appris ce beau langage en bois qu’on débite aux abrutis qui votent pour vous, vous connaissez les bonnes doses d’adjectifs, les prescriptions idéales de verbes, de sujet et d’accord avec le complément d’objet direct, vous distribuez les bonnes phrases pour apaiser, la posologie du parfait discours qui calme, qui rassure, qui amadoue, qui décervelle, qui endort. Si on trouve pas nos mots c’est peut-être parce que vous nous les avez piqués ?
Moi aussi j’aimerais avoir la belle parole. Mais j’ai trop de mots dans la bouche, ça se bouscule, ça n’arrive pas à passer le portillon et quand ça sort c’est dans le désordre. Ca veut pas dire que je suis idiote, ça veut dire qu’on a pas eu la même enfance.
Quand j’apprends un texte, quand je joue, je ne reconnais pas ma parole. Elle sort d’une traite, propre, débarrassée de ses parasites. Ma voix est limpide. Je me dis que c’est là que je vis ma vie, sur la scène. Je m’aime bien quand je joue.
Putain ! Mais il sait ce que c’est lui, d’avoir douze frères et sœurs ? Il croit qu’on a facilement droit à la parole ? Faut apprendre à partager. Mais c’est pas facile de partager sa langue quand elle galope plus vite que le vent, et que l’imagination vous fait voir des monstres dans les placards, des sorcières suspendues aux cordes à linge, des lucioles enchantées dans la cuiller et des yeux de crapaud dans la soupe aux vermicelles.
CHANTAL : bon chic, bon genre mais sans ostentation. Elle travaille dans un ministère, gagne bien sa vie, adore ses enfants et être enceinte. Elle est pétulante mais presque à l’excès, elle parle vite et beaucoup, fait mille choses en même temps mais n’en termine aucune, n’est pas concentrée, trouve tout formidable.
Elle fatigue son entourage mais ne s’en rend pas compte.
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C’était en juillet, j’avais vingt ans. A l’époque je m’habillais n’importe comment, j’avais les cheveux courts, pas de poitrine, des boutons sur le nez, on me prenait parfois pour un garçon. Mes parents sont partis en vacances au Portugal dans une petite maison de pêcheurs, très jolie avec un jardin et une piscine. J’avais une chambre blanche pour moi toute seule, avec des azulejos et un crucifix au-dessus du lit. Je ne sortais pas, j’avais horreur des dancings, des bars, alors la plupart du temps c’était la plage avec papa maman, le tour au marché et à la poissonnerie, les petits restaus un jour sur deux et le soir, dodo à onze heures avec un bon bouquin. Vous voyez que j’étais pas très délurée à 20 ans. Mais, bon, je ne me posais pas trop de question, j’étais heureuse comme ça. La bécasse heureuse et niaise. Mais dans cette maison, il y avait un truc rigolo, l’entretien du jardin et de la piscine était assuré par le propriétaire, un vieux bonhomme tout fané, tout ridé, avec la peau brune comme du cuir. Et pour ne pas nous déranger, il venait à 6h du matin, il passait l’aspirateur dans la piscine, arrosait les fleurs, désherbait, tous les matins, pendant qu’on dormait. Un jour, je ne sais pas ce qui s’est passé, peut-être un bruit inhabituel ou une piqûre de moustique, je me suis réveillée. J’ai ouvert les yeux et j’ai vu quelqu’un à la porte-fenêtre, derrière le voilage, qui me regardait dormir. Ce n’était pas le vieux bonhomme habituel, c’était un garçon de mon âge, son neveu ou un petit-fils.
Il se tenait avec un balai à la main, immobile, s’empêchant de respirer pour garder le silence, les yeux fixés sur moi, sans doute tétanisé d’avoir enfreint l’ordre et de s’être approché des rideaux au point d’être presque à l’intérieur de la chambre. Je sentais son odeur, sa transpiration, le parfum du soleil sur sa peau, dans ses cheveux. Je ne bougeais pas non plus. J’ai eu l’impression que le temps s’était arrêté, que tout resterait immobile à jamais, lui, la fenêtre entrouverte, le rideau, moi et les draps de mon lit.
MAÏFA : elle parle avec un accent indéfinissable, on sait qu’elle vient d’un pays étranger mais les avis divergent, Afrique du nord, Amérique du sud, Europe de l’est, Asie de l’ouest ? On pense qu’elle a subit un grave traumatisme alors on ne lui parle jamais de son passé et du coup le mystère plane autour d’elle. Elle semble à la fois calme et dure.
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J’ai mal à la tête. Migraines. Et puis ce froid, ça n’arrange rien. Mais c’est pas grave, j’ai connu pire. Je viens d’un pays où tout est pire à partir du moment où on est une femme. Les filles du groupe ne connaissent pas mon histoire, c’est ce qui leur fait peur. Je sais que je fais peur. On se demande ce qui se cache derrière le mur de mon silence. On me reproche d’être parfois violente dans mes réactions, mais on ne peut pas demander à quelqu’un d’être souriant et pondéré quand, dès l’enfance, il a vécu dans la peur et la soumission. J’ai quitté mon pays avec ma famille pour connaître la liberté. Pour avoir le droit de penser, de parler, de regarder droit devant moi. Pour ne plus avoir honte de mon sexe. Quand on est arrivés ici, on a dit à mon père : je ne te comprends pas, tu parles trop vite, montre-moi sur la carte d’où tu viens. Puis on a ouvert nos valises, ils ont sorti mes culottes, mes maillots, mes socquettes, devant tout le monde. J’ai pensé que c’était partout pareil. Dans mon pays, les hommes luttent contre l’implantation de la culture occidentale – celle même que je défends aujourd’hui. Leur lutte commence par l’asservissement de la femme. Un voile mal mis et la femme est battue en pleine rue par des brigades qui sillonnent les villes. Ma grande sœur a croisé leur chemin, un jour, elle a pris peur, s’est enfuie. Les hommes l’ont pourchassée. Ma sœur s’est réfugiée dans un immeuble. Elle est montée jusqu’au cinquième. Quand les hommes l’ont rejoint, ma sœur s’est jetée dans le vide…